jeudi 2 mai 2019

L'Afrique est très exposée aux conséquences du réchauffement climatique

Prendre de la hauteur pour voir comment les dérèglements du climat affectent déjà les populations, mais aussi comment celles-ci s’efforcent de s’y adapter et de transformer la lutte contre le changement climatique en une source d'opportunités. Tel était l’objectif d’une expédition entreprise il y a quelques jours sur le mont Kenya, avec à sa tête Tim Jarvis, fondateur de 25zero (a), un projet conçu pour montrer concrètement ’impact du réchauffement planétaire sur les glaciers des montagnes tropicales. Trois membres du Groupe de la Banque mondiale ont pris part à cette ascension : John Roome, directeur principal pour le changement climatique, Merli Margaret Baroudi (a), directrice Analyse économique et développement durable à la MIGA, et Prashant Kapoor (a), spécialiste en bioclimatique au Climate Business Group de l’IFC. À leurs côtés se trouvaient également Patricia Achieng Nyingu’ro, météorologue au ministère kényan de l’Environnement et de la Foresterie, et Liatile Putsoa, ambassadrice jeunesse du programme Connect4Climate (a).
En première ligne face au changement climatique
Point culminant du Kenya et deuxième plus haut sommet d’Afrique, le mont Kenya déploie sa silhouette imposante jusqu’à Nairobi, pourtant située à quelque 150 kilomètres. Il devrait son nom, qui signifie « scintiller » dans la langue des Kambas, à ses neiges éternelles. Mais les glaciers qui étaient autrefois son principal attribut se réduisent aujourd’hui comme peau de chagrin. Selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement, il n’en reste plus que dix sur les dix-huit qui recouvraient les cimes du massif il y a un siècle. Dix champs de glace qui risquent de fondre complètement dans les 25 prochaines années sous l’effet du réchauffement. Et qui témoignent plus largement des effets induits par le changement climatique dans la région.
Alors que l’Afrique est responsable de 4 % seulement des émissions mondiales de gaz à effet de serre, 65 % de sa population subit directement les conséquences des dérèglements du climat. Au mois de mai 2018, les pluies torrentielles qui se sont abattues sur l’Afrique de l’Est ont causé le déplacement de 260 000 habitants au Kenya et touché 500 000 personnes en Somalie. Ces inondations ont frappé des populations qui se remettaient à peine de la sécheresse et de la famine qui avaient sévi auparavant dans la région. Cette situation a ralenti la production agricole au Kenya, provoqué une hausse des prix alimentaires et de l’inflation, et grevé lourdement la croissance économique. La dégradation des conditions environnementales et l’aggravation des phénomènes climatiques extrêmes ont contribué à une recrudescence de la faim après de nombreuses années de progrès. Aujourd’hui, environ un cinquième de la population africaine, soit 257 millions d’individus, est sous-alimenté.
Le Mont Kenya  © Banque Mondiale

Si l’on ne fait rien pour y remédier, l’Afrique subsaharienne comptera 86 millions de migrants climatiques en 2050. Les pénuries d’eau provoquées par le changement climatique risquent à elles d’amputer de 6 % le PIB des pays du Sahel, et d’entraîner une hausse des migrations et le déclenchement de conflits. Le Kenya connaît déjà des flambées de violence provoquées par les répercussions de la fonte des glaciers sur les moyens de subsistance des agriculteurs et des éleveurs.
Libérer de nouvelles sources de croissance verte et résiliente
Le changement climatique représente un défi majeur pour tous les pays. Mais les mesures prises pour y faire face sont aussi synonymes d’opportunités économiques majeures. De fait, les actions de lutte contre le changement climatique pourraient se chiffrer à 26 000 milliards de dollars de gains économiques d’ici 2030 et créer 65 millions de nouveaux emplois dans le monde. Pour les pays africains, la menace du changement climatique se double de multiples enjeux et autant d'opportunités : bâtir des villes où les habitants pourront se déplacer, respirer un air pur et être productifs ; mettre en place des systèmes d’approvisionnement en eau et en électricité résilients et garantir un habitat résistant aux intempéries ; enfin, développer des systèmes alimentaires, agricoles et fonciers plus robustes et résilients.
La semaine dernière, la troisième édition du One Planet Summit, qui s’est tenue à Nairobi, a amplement illustré le dynamisme de l’Afrique, foyer d’innovations et d’investissements climatiques. Le continent abrite déjà l’une des plus grandes centrales solaires thermiques à concentration du monde : le développement du complexe Noor, au Maroc, qui peut alimenter plus de 1,1 million d’habitants, a aussi permis d'accélérer les investissements mondiaux dans une technologie prometteuse. Au Kenya, la technologie permet à plus de 150 000 éleveurs (a) exposés aux risques d’inondation et de sécheresse de bénéficier d’une assurance qui se déclenche en fonction des conditions de pâturage observées par satellite. Ces innovations façonnent aujourd'hui la réponse de l’Afrique au changement climatique, mais elles pourraient devenir demain des solutions pour le monde entier.
Cette semaine, à l’occasion de l’Africa Climate Week, au Ghana, la Banque mondiale mettra par exemple en lumière sa collaboration avec Inyenyeri, une entreprise rwandaise qui promeut une approche novatrice pour exploiter le marché des fours de cuisson propres, avec, à la clé, une réduction de 98 % de la pollution de l’air dans les habitations. La Banque s'attachera également à montrer comment la coopération, grâce aux financements, aux mécanismes de marché et à la technologie, peut considérablement contribuer à inscrire l’action climatique dans le cadre plus large des objectifs de développement de la région.
Conclusion
L’ascension du mont Kenya a permis à notre expédition de voir « à l’œil nu » les conséquences du changement climatique sur les populations locales et sur le développement. Des inondations extrêmes aux signes de déforestation, les effets du changement climatique sont manifestes. Mais, des techniques de collecte de l’eau innovantes aux pratiques agricoles climato-intelligentes, cette expédition a aussi été l’occasion de découvrir des témoignages encourageants sur la manière dont les habitants s’adaptent à l'évolution du climat et renforcent leur résilience aux risques futurs.
Face à la vulnérabilité des populations aux chocs et stress climatiques mondiaux, il apparaît indispensable de soutenir davantage leurs stratégies d’adaptation et de résilience. C’est pourquoi sur les 22,5 milliards de dollars que le Groupe de la Banque mondiale allouera au climat en Afrique entre 2021 et 2025, plus de la moitié (soit entre 12 et 12,5 milliards) seront consacrés à l’adaptation et à la résilience.
Vue du mont Kenya, la situation est limpide : il est clair que le changement climatique est réel et sa menace grandissante. Mais il est tout à fait clair aussi que l’Afrique ne manque pas de leadership et qu’elle peut compter sur l’esprit d’entreprise de son secteur privé et sur l’enthousiasme de ses habitants pour une action climatique ambitieuse. Alors, certes, l’Afrique est en première ligne face aux conséquences du changement climatique, mais elle peut être aussi à la pointe des solutions pour les anticiper.

Titre original de l'article :  Le changement climatique vu du Mont Kenya :de nouveaux horizons face à des effets déjà tangibles

 

lundi 22 avril 2019

Le revers de la médaille du parc des Virunga

Le revers de la médaille du parc des Virunga

Un émerveillement s'est emparé dans tous les continents au sujet d'un selfie avec des gorilles debout
Mathieu SHAMAVU fait un sefie devant deux
 femelles gorilles d'une douzaine d'années


Des nombreux internautes ont été fascinés par le selfie réalisé par un ranger de ce parc géré par l'ICCN (Institut congolais pour la conservation de la nature) de la RDC. Il montre le soigneur Mathieu SHAMAVU posant devant deux gorilles femelles en station debout. Celle de gauche s'appelle Ndakasi, elle a douze ans et celle qui est derrière Mathieu s'appelle Ndeze, 12 ans et demi. 

Elles sont orphelines et ont été soignées par les rangers du parc des Virunga depuis leur jeune âge. Tout a l'air tranquille mais l'instabilité de la région a fait que des nombreux groupes armés y ont trouvé refuge. 

Ces rebelles s'en prennent non seulement aux animaux de ce site protégé, mais aussi à leurs gardiens, les rangers. D'ailleurs le directeur du ce parc M. Emmanuel De Mérode a été visé par des tirs en avril 2014. Heureusement qu'il a seulement été blessé et s'en est sorti. Ce n'est pas le cas de quelques 200 rangers qui ont déjà perdu la vie à cause de ces hors la loi.

Le site de Virunga regorge d'animaux aussi rares que les gorilles de montagne et même les okapis (endémiques dans ce pays). Mais, le tourisme ne décolle pas à cause du sentiment d'insécurité créée par ces groupes armés. En réalité, la zone est relativement stable mais peu attrayante pour le moment. Plus que jamais, les rangers ont besoin d'aide. Nous avons créé un bouton d'appel aux dons. Chaque aide est la bienvenue. Tout compte, même une petite pièce. Nous le ferons parvenir tant aux rangers de Virunga qu'à ceux du Parc National de Kahuzi-Biega. 

dimanche 22 octobre 2017

Les organisations non gouvernementales dénoncent la spoliation des terres sur le parc des Virunga

Comme l'a souligné le journal congolais POLITICO.CD, les grandes surfaces de terres sont spoliées par des particuliers sur le parc National des Virunga en République Démocratique du Congo. Ce site de 790.000 ha pourtant classé au patrimoine de l'UNESCO depuis 1979, est l'objet de plusieurs convoitises.
Il faut dire qu'avec ce mosaïque de plusieurs paysages aussi spectaculaires les uns que les autres et des milliers d'espèces qu'ils hébergent ainsi que les sous-sol plein de ressources, Virunga attire les touristes, mais aussi les braconniers, les groupes armés, voire même des exploitants illégaux des minerais aussi rare que le coltan ou l'or.

Le site attire également les compagnies pétrolières depuis qu'il a été démontré la présence d'une quantité non négligeable de pétrole sans son sous-sol. Ce fut notamment le cas des entreprises TOTAL et SOCO qui ont obtenu des concessions plus ou moins légalement pour faire des prospections. Les organisations de défense de l'environnement ont combattu cet état de fait. Si TOTAL s'est retiré immédiatement de l'aire protégée, la seconde société à dû battre en retraire à la suite des pressions exercées au niveau mondial. Cette menace pèse toujours sur le parc, puisqu'il a été annoncé d'autres projets de prospections pétrolières en septembre 2017. 

Il ne fallait pas moins que les autochtones s'y mettent également. C'est le cas de certaines organisations paysannes qui manipulent les communautés rurales pour distribuer des terres de cette aire protégée, au grand dam de l'ICCN, gestionnaire du site.


Article complet à lire sur  politico.cd

Carte du Parc National des Virunga     © ICCN





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