jeudi 27 août 2020

Agression barbare d'un militant écologiste à Bukavu

 Ce samedi 22 août 2020, un des membres de PROFFAC a été agressé par un groupe de jeunes identifiés comme "Pomba Solution", alors qu'il participait à l'assainissement de la ville avec ses pairs. La journée a commencé tranquillement dans le quartier "Essence Major Vangu", commune d'Ibanda, ville de Bukavu, dans la province du Nord-Kivu en République Démocratique du Congo. Les jeunes, parmi lesquels Gloire notre activiste, dégagent des ordures qui traînent dans la ville, car non gérées par les services de l'État dans ce quartier. Un marché est là et tous les déchets sont jetés à même le sol. Il y a donc une grande quantité à ramasser. Ce qui est fait par les jeunes. Ils ne sont pas les seuls. Vers 14h00 ils vont jeter les ordures sales et mouillées, transportées sur un pousse-pousse (sorte d'engin de transport de marchandises à deux roues et se déplaçant par la force des bras). C'est alors qu'un autre groupe je jeunes, identifiés comme "Pomba Solution" s'en prennent à Gloire et son groupe, lui reprochant de faire le travail de nettoyage à leur place. Il s'ensuit alors une agression physique à sa personne. Des outils sont utilisés pour le frapper. Il est torturé par la bande qui va s'en prendre aussi à une jeune dame commerçante qui voulait les raisonner. Résultat des courses : Gloire a des contusions, le bras droit cassé, des ecchymoses, des écorchures et quelques plaies. Il est conduit aux urgences, car il a très mal. Il va y passer la nuit. Heureusement, le pronostic vital n'est pas engagé et il est suivi médicalement.


Que s'est-il passé ?

 La ville de Bukavu, jadis appelée Costermansville jusqu'en 1952 est située au bord du lac Kivu. C'est une paisible agglomération de 250.000 personnes, sans compter les habitants de nombreux villages qui se développent autour d'elle. Elle a un bon climat apprécié des touristes étrangers. Elle est très animé et possède de nombreux beaux quartiers. Le parc ne Kahuzi-biega n'est pas loin non plus. On peut y accéder par route, par avion via le petit aéroport de Kavumu et même par voie lacustre. La rivière Ruzizi fait office de frontière naturelle avec le Rwanda, vers sa partie est. La ville en soi est une carte postale.

Pourtant, un aspect assombrit cette vision idyllique dans certains quartiers. En effet, les immondices jonchent le sol dans différents quartiers de Bukavu.  Dans les abords des marchés ou des points de vente les longs des rues, les déchets sont visibles. Des papiers par-ci, des boites en plastique ou en métal par là, des légumes abandonnés, tout traîne par terre parfois depuis des jours. Les services de l' Etat ne sont pas suffisamment équipés pour ramasser les ordures. En plus certaines rues n'étant pas asphaltées, la boue traîne à des nombreux endroits. Cette saleté contraste avec la beauté de certaines maisons privées à l'architecture moderne qui se construisent depuis quelques temps.

Les habitants se rendent bien compte que cela ne doit pas durer. Des concertations se font dans les quartiers afin de résoudre ce problème insalubrité. Les autorités de la ville s'y mêlent aussi. Elles conviennent d'organiser par quartier, des journées d'assainissement  exécutées par les habitants. Des nombreux jeunes prennent conscience et se mettent en grand nombre à y participer. Cela se passe les samedis. Ces travaux collectifs ont pour nom "Salongo". Ce nom est hérité des travaux civiques communautaires réalisés de manière obligatoire à la fin des années 70, sous la présidence de Mobutu.

C'est alors que les jeunes du quartier Major Vangu/Essence se mettent, ce samedi 22 août 2020, à nettoyer les rues du quartier. Ils ramassent des dizaines de kilos d'ordures, parfois dégoulinant. Il y a du tout, des sachets aux poissons pourris.

Carte du Quartier Majour Vangu/Essence
Vue du quartier Maj. Vangu /Essence

Tout cela doit être transporté sur les pousse-pousse. Cela tombe bien, les jeunes en ont loué deux de fortune, fabriqués en bois, pour ce transport de déchets. Ils font plusieurs rotations vers le dépotoir du quartier, où ils seront incinérés.


Transport de déchets par pousse-pousse
Les pousse-pousse


 

 Les jeunes ont fini leurs travaux dans les environs de 14 heures. Certains vont rendre les engins de transport loués. En cours de route, ils sont menacé par un autre groupe de jeunes. Ceux-ci sont pour la plupart body-buildé. Ils sont reconnaissables par leurs gros bras et leurs pectoraux travaillés. Ilse font appeler "Pomba" (hommes forts, en lingala populaire). Ces derniers interpellent les jeunes de Vangu avec des menaces, leur reprochant le fait d'avoir nettoyé dans "leur quartier".

 Voyant le groupe qu'il guide en train d'être menacé, Gloire M. intervient pour demander ce qu'il se passe. Sans attendre, comme s'il s'agissait d'une embuscade, un des ces "Pomba" l'agresse à la fois avec des poings et des gros bâtons. Les autres le mettent par terre et continue de le frapper. Certains lui volent ses biens.

Une agression d'une rare brutalité


 Pendant que Gloire est brutalisé, une jeune fille s'approche pour dissuader les agresseurs, elle aussi est prise à partie. Elle est aussi blessée. L'activiste écologiste Gloire est un pacifiqique. Cela ne lui aurait pas fleuré l'esprit de faire la bagarre.  Il ne s'attendait pas s'être attaqué de la sorte, visiblement sans raison particulière. Lui qui a toujours participé dans les actions pour le bien-être commun n'a pas d'ennemi connus. Pourquoi alors cette attaque brutale ? Il n'a pas de réponses à l'instant. Mais il reconnaît ceux qu'on appelle "Pomba". Ces dernier ont une petite réputation à Bukavu par leurs expéditions punitives, des agressions et des tortures. Des voix ont commencé à se lever contre les actions de ces hommes de mains, qui travaillent pour la plupart, comme vigiles.

Dans les heures qui ont suivi, Gloire a été conduit à l'hôpital car, il sentait des douleurs immenses dans tout le corps. Il avait des hématomes, des ecchymoses, le bras doit cassé dont l'avant-bras tuméfié et des blessures.

Une question reste posée : quel est le mobile de cet acte d'une brutalité sauvage ? Certains habitants émettent des hypothèses mais rien ne se justifie, à moins que les barbouzes sentent leurs intérêts menacés. De quoi se demander en quoi cela peut les gêner que d'autres jeunes nettoient les rues, puisque c'est dans l'intérêt de tous.

 La nouvelle de cet attaque barbare se répand comme une traînée de poudre

Tout le quartier Vangu se mobilise et manifeste spontanément pour manifester leur colère face aux agissements des "Pomba". Parmi eux, le trouve Cirhuza, le frère aîné de Gloire. Il est tellement en colère qu'il voulait en découdre avec les agresseurs de son frère. Gloire l'en dissuade et surtout lui interdit de porter des outils contondant ou des armes blanches. Il connaît le caractère dur de son aîné.

Tant qu'à faire, une grande mobilisation spontanée se crée autour de rond-point giratoire de la place Major Vangu. La route principale est barricadée et un appel à la neutralisation des actes des Pomba fait avec des banderoles ou des cris. La police intervient, mais elle est vite débordée. La route principale très fréquentée par le trafic local est toujours barricadée. Les jeunes ne veulent rien entendre des appels de la police. Ils en appellent à l'intervention des autorités administratives. c'est alors que le Maire de la ville de Bukavu en personne se rend sur place. Il réussit à raisonner les jeunes en colère. Ceux-ci libèrent alors la route.

Après cela le Maire se rend au chevet du bléssé pour le réconforter et s'assurer qu'il est bien soigné. Il se rend compte que Gloire est sérieusement arrangé, mais sa vie n'est pas en danger. Il est parti cependant pour quelques semaines d'incapacité. Il reste à savoir s'il va retrouver l'usage normal de son bras ou s'il aura des séquelles. Au cinquième jour de l'agression, Gloire est toujours hospitalisé. 

 Ce qui est plus grave encore, depuis son lit d'hôpital, il reçoit tous les jours des menaces de mort sur son téléphone.

Un message qui ne passe pas

Gloire a créé une Start-Up "Jambo World Plus". Sur la page facebook les soutiens publient une annonce expliquant brièvement la situation de l'agression. Il y est écrit notamment : «il a était torturé, tabassé, cassé la main droite et confisqué ses biens durant la journée samedi 22 Août 2020 à 14h12 heure de Bukavu, chez lui à l’Essence Major Vangu par des personnes bien identifiées communément appelées POMBA SOLUTION qui sème la terreur dans la ville de Bukavu ayant comme habitude torturer les gens dans la ville de Bukavu disant qu’ils sont autorisés par les services étatiques.»

 C'est alors que le porte-parole de "Pomba Solution" présenté comme un mouvement associatif des sportifs se fend d'un message où il fustige le frère de Gloire. En effet, ce mouvement lui reproche de «d'être le fils du chef de quartier essence et de se faire passer comme le titulaire à ce poste en s'appuyant abusivement sur les actions non productives et le combat contre le développement et l'assainissement de la zone où il est sensée vivre et tel que voulu par l'autorité provinciale»

 Nulle part dans ce nouveau communiqué, il parle de l'agression de Gloire attribuée aux "Pomba". Il prend en temoin la population sur les  menaces dont ils seraient l'objet tout en  remerciant les jeunes de pomba solution pour leur humble comportement [SIC]. Il informe également la population qu'ils ne sont que des jeunes qui " travaillent dur, pour le présent et construisent le futur meilleur".

Étonament, le même porte-parole des "Pomba Solution" regroupés au sein de l'association 
POSOPASED-RDC vient à nouveau ajouter ce commentaire  où il condamne enfin, trois jours après l'agression :

«Nous venons d'être alerté sur l'existence d'un message qui circule dans les réseaux sociaux, prétextant une probable agression qu'a connue un jeune répondant au nom de Gloire M. image que nous déplorons et que nous dénonçons avec la toute dernière énergie.
Nous voulons néanmoins et par conséquent, éclairé l'opinion sur cette soit disant agression.
1. Nous sommes de prime, préoccupés par cette information et nous condamnons, toute forme de violence avec la toute dernière énergie.
2. Notre organisation n'est impliquée ni de loin ni de près dans cette cabale dont Monsieur Gloire M. serait victime et que nous considérons qu'elle serait montée de toute pièce,
3. Notre organisation sollicite une enquête pour qu'ensemble nous parvenons à identifier les auteurs et les soumettre à une sanction pédagogique, exemplaire sous les auspices des institutions habilitées qui doivent faire leur travail,
4. Nous disons non à toute stratégie de diabolisation et de manipulation des masses montées de toute pièce,
5. Nous continuons notre lutte pour la promotion des intérêts sociaux dans la non violence et l'humanisme qui nous anime.
6. Demandons aux autorités locales de clarifier le statut de Sieur Chiruza Mirhigisi que nous considérons comme fils du chef de quartier, qui fait de l'usurpation et profiterait du poste de son père pour faire payé des taxes illégales dans la partie administrée par son père,
7. Nous appelons tous les jeunes et membres de Pomba Solution de s'abstenir de toute provocation, de demeurer sage, exemplaires, de rester non violent. Ils doivent garder leurs positions tout en dénonçant le mal d'où qu'il vient auprès des autorités et comme d'habitude
Cultivons la paix et non la haine liée aux conflits d'intérêts et mesquins.»
 
Le Maire de Bukavu intervient lors de la manifastation des jeunes




Slogans des manifestants le jour de l'agression


Ce communiqué intérroge sur l'intérêt de ce groupe à demander justice alors qu'il leur est reproché des faits graves de violences physique ayant entraîné une incapacité physique de la victime. Entre-temps cette dernière reçoit des mecances de mort sur son lit d'hôpital.

Une pétition a été lancée et, à ce jour, a obtenue plus de 1000 signatures afin des mettre fin aux actes de violences reprochés à des groupes de personnes envers les citoyens.

A l'heure où nous publions ces lignes, Gloire est toujours hospitalisé.

Bras de Gloire après l'attaque
Bras droit de Gloire après l'attaque


Nous osons croire que la ville touristique de Bukavu retrouvera sa quiétude parès ces incidents à répétition.



Ecoutez cette intervention radio diffusée par la radio RTNK (Radio Télévision Ngoma ya Kivi) :

jeudi 2 mai 2019

L'Afrique est très exposée aux conséquences du réchauffement climatique

Prendre de la hauteur pour voir comment les dérèglements du climat affectent déjà les populations, mais aussi comment celles-ci s’efforcent de s’y adapter et de transformer la lutte contre le changement climatique en une source d'opportunités. Tel était l’objectif d’une expédition entreprise il y a quelques jours sur le mont Kenya, avec à sa tête Tim Jarvis, fondateur de 25zero (a), un projet conçu pour montrer concrètement ’impact du réchauffement planétaire sur les glaciers des montagnes tropicales. Trois membres du Groupe de la Banque mondiale ont pris part à cette ascension : John Roome, directeur principal pour le changement climatique, Merli Margaret Baroudi (a), directrice Analyse économique et développement durable à la MIGA, et Prashant Kapoor (a), spécialiste en bioclimatique au Climate Business Group de l’IFC. À leurs côtés se trouvaient également Patricia Achieng Nyingu’ro, météorologue au ministère kényan de l’Environnement et de la Foresterie, et Liatile Putsoa, ambassadrice jeunesse du programme Connect4Climate (a).
En première ligne face au changement climatique
Point culminant du Kenya et deuxième plus haut sommet d’Afrique, le mont Kenya déploie sa silhouette imposante jusqu’à Nairobi, pourtant située à quelque 150 kilomètres. Il devrait son nom, qui signifie « scintiller » dans la langue des Kambas, à ses neiges éternelles. Mais les glaciers qui étaient autrefois son principal attribut se réduisent aujourd’hui comme peau de chagrin. Selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement, il n’en reste plus que dix sur les dix-huit qui recouvraient les cimes du massif il y a un siècle. Dix champs de glace qui risquent de fondre complètement dans les 25 prochaines années sous l’effet du réchauffement. Et qui témoignent plus largement des effets induits par le changement climatique dans la région.
Alors que l’Afrique est responsable de 4 % seulement des émissions mondiales de gaz à effet de serre, 65 % de sa population subit directement les conséquences des dérèglements du climat. Au mois de mai 2018, les pluies torrentielles qui se sont abattues sur l’Afrique de l’Est ont causé le déplacement de 260 000 habitants au Kenya et touché 500 000 personnes en Somalie. Ces inondations ont frappé des populations qui se remettaient à peine de la sécheresse et de la famine qui avaient sévi auparavant dans la région. Cette situation a ralenti la production agricole au Kenya, provoqué une hausse des prix alimentaires et de l’inflation, et grevé lourdement la croissance économique. La dégradation des conditions environnementales et l’aggravation des phénomènes climatiques extrêmes ont contribué à une recrudescence de la faim après de nombreuses années de progrès. Aujourd’hui, environ un cinquième de la population africaine, soit 257 millions d’individus, est sous-alimenté.
Le Mont Kenya  © Banque Mondiale

Si l’on ne fait rien pour y remédier, l’Afrique subsaharienne comptera 86 millions de migrants climatiques en 2050. Les pénuries d’eau provoquées par le changement climatique risquent à elles d’amputer de 6 % le PIB des pays du Sahel, et d’entraîner une hausse des migrations et le déclenchement de conflits. Le Kenya connaît déjà des flambées de violence provoquées par les répercussions de la fonte des glaciers sur les moyens de subsistance des agriculteurs et des éleveurs.
Libérer de nouvelles sources de croissance verte et résiliente
Le changement climatique représente un défi majeur pour tous les pays. Mais les mesures prises pour y faire face sont aussi synonymes d’opportunités économiques majeures. De fait, les actions de lutte contre le changement climatique pourraient se chiffrer à 26 000 milliards de dollars de gains économiques d’ici 2030 et créer 65 millions de nouveaux emplois dans le monde. Pour les pays africains, la menace du changement climatique se double de multiples enjeux et autant d'opportunités : bâtir des villes où les habitants pourront se déplacer, respirer un air pur et être productifs ; mettre en place des systèmes d’approvisionnement en eau et en électricité résilients et garantir un habitat résistant aux intempéries ; enfin, développer des systèmes alimentaires, agricoles et fonciers plus robustes et résilients.
La semaine dernière, la troisième édition du One Planet Summit, qui s’est tenue à Nairobi, a amplement illustré le dynamisme de l’Afrique, foyer d’innovations et d’investissements climatiques. Le continent abrite déjà l’une des plus grandes centrales solaires thermiques à concentration du monde : le développement du complexe Noor, au Maroc, qui peut alimenter plus de 1,1 million d’habitants, a aussi permis d'accélérer les investissements mondiaux dans une technologie prometteuse. Au Kenya, la technologie permet à plus de 150 000 éleveurs (a) exposés aux risques d’inondation et de sécheresse de bénéficier d’une assurance qui se déclenche en fonction des conditions de pâturage observées par satellite. Ces innovations façonnent aujourd'hui la réponse de l’Afrique au changement climatique, mais elles pourraient devenir demain des solutions pour le monde entier.
Cette semaine, à l’occasion de l’Africa Climate Week, au Ghana, la Banque mondiale mettra par exemple en lumière sa collaboration avec Inyenyeri, une entreprise rwandaise qui promeut une approche novatrice pour exploiter le marché des fours de cuisson propres, avec, à la clé, une réduction de 98 % de la pollution de l’air dans les habitations. La Banque s'attachera également à montrer comment la coopération, grâce aux financements, aux mécanismes de marché et à la technologie, peut considérablement contribuer à inscrire l’action climatique dans le cadre plus large des objectifs de développement de la région.
Conclusion
L’ascension du mont Kenya a permis à notre expédition de voir « à l’œil nu » les conséquences du changement climatique sur les populations locales et sur le développement. Des inondations extrêmes aux signes de déforestation, les effets du changement climatique sont manifestes. Mais, des techniques de collecte de l’eau innovantes aux pratiques agricoles climato-intelligentes, cette expédition a aussi été l’occasion de découvrir des témoignages encourageants sur la manière dont les habitants s’adaptent à l'évolution du climat et renforcent leur résilience aux risques futurs.
Face à la vulnérabilité des populations aux chocs et stress climatiques mondiaux, il apparaît indispensable de soutenir davantage leurs stratégies d’adaptation et de résilience. C’est pourquoi sur les 22,5 milliards de dollars que le Groupe de la Banque mondiale allouera au climat en Afrique entre 2021 et 2025, plus de la moitié (soit entre 12 et 12,5 milliards) seront consacrés à l’adaptation et à la résilience.
Vue du mont Kenya, la situation est limpide : il est clair que le changement climatique est réel et sa menace grandissante. Mais il est tout à fait clair aussi que l’Afrique ne manque pas de leadership et qu’elle peut compter sur l’esprit d’entreprise de son secteur privé et sur l’enthousiasme de ses habitants pour une action climatique ambitieuse. Alors, certes, l’Afrique est en première ligne face aux conséquences du changement climatique, mais elle peut être aussi à la pointe des solutions pour les anticiper.

Titre original de l'article :  Le changement climatique vu du Mont Kenya :de nouveaux horizons face à des effets déjà tangibles

 

lundi 22 avril 2019

Le revers de la médaille du parc des Virunga

Le revers de la médaille du parc des Virunga

Un émerveillement s'est emparé dans tous les continents au sujet d'un selfie avec des gorilles debout
Mathieu SHAMAVU fait un sefie devant deux
 femelles gorilles d'une douzaine d'années


Des nombreux internautes ont été fascinés par le selfie réalisé par un ranger de ce parc géré par l'ICCN (Institut congolais pour la conservation de la nature) de la RDC. Il montre le soigneur Mathieu SHAMAVU posant devant deux gorilles femelles en station debout. Celle de gauche s'appelle Ndakasi, elle a douze ans et celle qui est derrière Mathieu s'appelle Ndeze, 12 ans et demi. 

Elles sont orphelines et ont été soignées par les rangers du parc des Virunga depuis leur jeune âge. Tout a l'air tranquille mais l'instabilité de la région a fait que des nombreux groupes armés y ont trouvé refuge. 

Ces rebelles s'en prennent non seulement aux animaux de ce site protégé, mais aussi à leurs gardiens, les rangers. D'ailleurs le directeur du ce parc M. Emmanuel De Mérode a été visé par des tirs en avril 2014. Heureusement qu'il a seulement été blessé et s'en est sorti. Ce n'est pas le cas de quelques 200 rangers qui ont déjà perdu la vie à cause de ces hors la loi.

Le site de Virunga regorge d'animaux aussi rares que les gorilles de montagne et même les okapis (endémiques dans ce pays). Mais, le tourisme ne décolle pas à cause du sentiment d'insécurité créée par ces groupes armés. En réalité, la zone est relativement stable mais peu attrayante pour le moment. Plus que jamais, les rangers ont besoin d'aide. Nous avons créé un bouton d'appel aux dons. Chaque aide est la bienvenue. Tout compte, même une petite pièce. Nous le ferons parvenir tant aux rangers de Virunga qu'à ceux du Parc National de Kahuzi-Biega.